L’introspection, une exploration salutaire !

L'introspection, une exploration salutaire !

D'où vient la liberté

Publiée le mardi 09 mai 2023 à 22h12

L'introspection, une exploration

Nul explorateur ne s'aventurerait vers l'inconnu sans avoir préparé son voyage, telle est ma proposition.

Commençons par une définition, histoire de parler le même langage.

Explorer : Parcourir, visiter une contrée, un lieu, mal connu ou inconnu, en les étudiant avec soin (définition du dictionnaire Larousse). Je choisis cette définition parce qu'elle contient ces mots : mal connu ou inconnu. Et c'est bien le sujet ! Cette exploration de soi va nous confronter à une partie mal connue ou inconnue de nous. En somme, sortir de sa zone de confort et se sentir de fait dans une forme d'insécurité. Aller explorer son anxiété ou son manque de confiance ou sa peur du rejet ou son besoin de se sentir fort.... ce n'est pas forcément le Club Med'. Etre guidé et accompagné rend la chose plus facile !

Sortir de la souffrance

Le premier obstacle vers l'introspection, c'est notre croyance sur la souffrance. Je constate à quel point il est délicat de sortir de cette zone connue. Il n'est pas rare de préférer souffrir car finalement, on est comme à la maison avec sa souffrance !

Mais qu’est-ce que la souffrance exactement ? Elle est à mettre en lien avec la douleur qui est une sensation. Une blessure, physique comme psychologique, sera ressentie corporellement. Elle a une durée de vie. La douleur finit par s'atténuer, puis elle disparaît.

La souffrance psychique est le souvenir de la douleur, elle est mentale.

En somme, on organise sa vie autour de sa souffrance, c'est à dire autour du souvenir d'une douleur passée qui génère des croyances sur la vie. Elles deviendront des « filtres » à travers lesquels nous « jugerons » les situations et les personnes. Ces jugements orienteront nos choix de vie. L'exemple des chiens : la mauvaise expérience, c'est la morsure, la croyance, c'est que tous les chiens mordent. (Je vous laisse trouver vos exemples personnels). Si vous croyez que vos souffrances sont inéluctables et que vous êtes condamné à vivre avec, alors vous vous privez du meilleur de vous-même et de ce que peut vous offrir la vie.

Petite métaphore sur la souffrance : Imaginons que vous soyez blessé physiquement, vous avez reçu un coup, ou un coup de couteau, ou vous êtes tombé tout seul, vous cassant la jambe.

Option 1 : vous faites comme s'il ne s'était rien passé : « Même pas mal ! » Vous continuez d'avancer, en saignant, en boitant, en souffrant. Il est possible que vos blessures guérissent toutes seules si elles ne sont pas trop profondes, que les séquelles vous handicapent ou que vous déclenchiez une septicémie.

Option 2 : vous nettoyez et soignez vos plaies en prenant le temps qu'il faut.

Conséquences : vous aurez probablement des cicatrices, et d'ailleurs vous en avez forcément.

J'ai une cicatrice en plein milieu du tibia. Je me souviens encore très bien lorsque j’étais en CE2 être tombée sur des cornières en alu bien tranchantes d’une installation pour ranger les vélos. La douleur a été vive et intense ! Je n'ai pas eu de points de suture (bah, c'est rien !) Aujourd'hui encore, elle fait un centimètre de large sur trois de long ! Cette cicatrice ne me fait pas souffrir, mais elle est bel et bien là, et quand je la regarde, je me souviens combien j'ai eu mal, à cette époque (pas dans le présent).

Il en va de même pour la souffrance psychique. Si vous continuez d'avancer en mode « Même pas mal ! » vous prenez le risque d'une aggravation majeure de votre état (dépression, passage à l'acte, décompensation par exemple). Vous pouvez choisir de panser vos maux, de penser vos mots. Oui, vous vous souviendrez toujours de votre blessure et de la douleur qu'elle a provoquée. Et oui, vous pourrez la regarder et ne plus en souffrir... sauf quand certains événements viendront appuyer très fort sur la cicatrice... on reste des humains ! Cependant, tout ce que vous aurez compris et transformé vous aidera à passer ces caps sensibles.

Dejour les croyances

Le deuxième obstacle vient des injonctions parentales (ou assimilées).

C'est ce que nous entendons dans notre enfance et qui nous blesse : Tu n'arriveras jamais à rien ! Tu te prends pour qui ! Tu parleras quand je te le dirai ! Finis ton assiette, il y en a qui meurent de faim ! Etc.

Nous allons croire des choses sur nous : je suis un incapable, je ne suis pas à la hauteur, je ne peux pas m'exprimer, je suis un ingrat, etc.

Il y a aussi les injonctions positives : « Je te fais confiance ! Comme tu es beau ! Je suis fier de toi ! Etc. » Traduction : il va falloir que je me débrouille seul et que j'assure, je suis jugé sur mon apparence, je n'ai pas le droit de décevoir, je suis obligé de réussir, etc.

Tout ceci va générer des croyances sur nous-même, qui s'appellent des jugements. Elles vont finir... par nous définir !

L'introspection est la voie de la prise de conscience des souffrances qui dirigent nos vies. Et je termine en citant Spinoza : "Les hommes se trompent en ce qu'ils se croient libres et cette opinion consiste en cela seul qu'ils sont conscients de leurs actions, et ignorants des causes qui les déterminent"

 

 

CECILE LE MEUR

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